Le beau voyage d'Annick et Spoutnik
Œuvre : Der arme Poet
Artiste : Carl Spitzweg
Année : 1839
Lieu de conservation : Neue Pinakothek
Pense à moi !
Constantin Balmont
Je t'apporte la feuille tentatrice, je t'apporte une feuille de bétel.
Goûte la fraîche douceur de cette feuille.
Si tu m'aimes, souviens-toi de moi !
Quand le jour se lève, pense bien à moi ;
Quand le jour s'éteint, pense bien à moi,
Comme tu penses à ton père et à ta mère,
Comme tu penses à ta vieille maison.
Entourée de ces chers souvenirs,
Jour et nuit souviens-toi de moi.
Si le tonnerre gronde dans les cieux, pense à moi, pense à moi.
Si le vent siffle dans l'espace, pense à moi, pense à moi.
Si les flammes illuminent l'horizon,
Pense à moi, pense à moi, pense à moi, rien qu'à moi.
A l'appel éclatant du premier chantecler,
Au murmure des minutes qui s'écoulent,
Au murmure des heures qui s'échappent,
Pense à moi, rien qu'à moi, rien qu'à moi !
Le matin et le soir et la nuit,
Que ton âme soit près de moi.
Toc, toc, toc. Je suis là à la porte.
Toc, toc, toc, c'est mon cœur qui t'appelle.
Oh comprends, comprends, tout mon amour !
Songe à ma tendresse ! Pense bien à moi !

Ciels médusés
Médusés, nous sommes
Médusés, nous resterons
En écoutant les bonnes paroles
Prêchées par ces hommes imbus d’eux-mêmes
Par ces dictateurs égocentriques
Qui usent de leur séduction pour harceler, tourmenter
Propres victimes de dictateurs politiques
Oublieux du respect du travail de chacun,
Insensible à la liberté de penser de leur voisin
Ah les belles paroles sur les peuples opprimés :
Hommage aux printemps arabes
Ils sont loin les tunisiens, afghans, marocains, syriens…
C’est tellement facile !!!
Pas de soleils de liberté pour ces personnes à l’égo surdimensionné !
Juste un pâle éclat de leur gloire passée
Ternes leurs auras
Condescendantes leurs amitiés
Superficielles leurs relations
Trompeuses leurs parades
L'affaire est sérieuse et devient urgente.
Ils sont beaux comme des dieux, ils le savent.
Ils sont intelligents, voire très brillants.
Ils ont de l'humour, tout pour plaire...
Mais ils détruisent leur vie : alcool, drogue, accidents de la route, mal-être, zapping dans les études (ils ont tout essayé, se sont inscrits à plusieurs premières années), ils
vivent de petits boulots, démissionnent, retrouvent une situation pour quelques mois
Puis, ils n'ont plus rien : plus d'idéal, plus d'espérance, plus d'argent, plus de famille, plus de travail, plus d'avenir.
LE NEANT. La déchéance. La précarité.
Il faut agir. Comment ?
A la moindre mise en garde, on entend :
"Arrête de me mettre la pression ! "
Roman
I
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, - la ville n'est pas loin, -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...
II
Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche.
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! On se laisse griser
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...
III
Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...
IV
Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
Puis l'adorée, un soir a daigné vous écrire... !
Ce soir-là,... vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
Arthur RIMBAUD
(29 septembre 1870)
Heureux qui sait se réjouir au coeur de la nuit,
de cela seulement qu'il sait qu'elle est grosse,
car les ténèbres lui porteront fruit,
car la lumière lui sera prodiguée.
Heureux qui laisse tout derrière lui et se prête sans gage ;
et qui entend au fond de son coeur et de son ventre l'appel de la délivrance obscure,
car le monde sèchera sous son regard, pour renaître.
Heureux qui abandonne sa barque au fort du courant,
car il abordera sur l'autre rive.
Heureux qui se déserte et s'abdique lui-même,
et dans le coeur des ténèbres n'adore plus rien que le profond accomplissement...
Le rivage des Syrtes :
"C'est la part royale en nous qui avec eux se met en marche sur cette route obscure, derrière cette étoile bougeante et muette, dans l'attente pure et dans le profond égarement."
Julien Gracq
Oui, je suis une inconditionnelle d'Anna Gavalda. J'avais acheté "la consolante" il y a très longtemps. Mais mes amis me déconseillaient sa lecture : "très décevant, très lent, trop long, il ne se passe rien..." disaient-ils.
Faux.
Il s'en passe des choses dans la vie de Charles !
C'est un vimer cette enveloppe blanche et longue avec à l'intérieur une feuille pliée en trois et ces trois mots...
Tout va changer : sa vision, sa conception de la vie, l'essentiel qui affleure enfin...
Le bonheur quoi ! Et ce n'est pas rien.
Seul bémol : les phrases n'ont pas de sujet, figure de style sans doute, pour rendre compte du cheminement du changement, de la révolution de la pensée mais moi, la scientifique, çà me dérange.
Une myriade de papillons virevolte autour de moi.
Je sens ta tendresse lutiner près de moi.
J’aimerai ton amour aussi dense que ce millier d’ailes ocellées.
Philopyge, tes pensées m’effraient, tes idées me surprennent.
De tilleuls en abricotiers,
Je te rejoins dans les Pyrénées.
Près de toi, j’oublie mon désarroi.